Richard RATSIMANDRAVA, 35 ans de cela

Posté par Mada-id 12 - fĂ©vrier - 2010

Troisième président de Madagascar à 44 ans et pendant seulement 6 jours, le Colonel Richard RATSIMANDRAVA fut assasiné le 11 février 1975 à Ambohijatovo. Essayons de connaître un peu plus sur cet homme politique célèbre de la grande île. ambohijatovo

Richard RATSIMANDRAVA, sa biographie
Né le 21 mars 1931 à Antananarivo, Richard RATSIMANDRAVA est issu d’une famille merina de religion protestante.
En 1938, il a commencé ses études à Antsirabe avant de continuer deux ans plus tard à Antananarivo. Il a alors obtenu son baccalauréat en mathématiques élémentaires au Lycée Galliéni Andohalo.
En 1952, il quitta le pays afin de poursuivre ses Ă©tudes supĂ©rieures. Il s’est d’abord inscrit au LycĂ©e Carnot de Dijon pour se prĂ©parer Ă  entrer dans l’Ă©cole spĂ©ciale militaire de Saint-Cyr oĂą il a suivi une formation pendant deux ans. Ayant obtenu le grade de Sous-Lieutenant, il porta les couleurs de l’armĂ©e française au Maroc et en AlgĂ©rie.
En octobre 1959, avec son affectation, il retourna Ă  Madagascar et exerça ses fonctions Ă  l’infanterie marine Ă  Fianarantsoa.
Après l’indĂ©pendance de Madagascar le 26 juin 1960, RATSIMANDRAVA fut officier de l’armĂ©e de terre jusqu’en 1962.
En 1972, sous le rĂ©gime du GĂ©nĂ©ral Gabriel RAMANANTSOA, le poste de Ministre de l’IntĂ©rieur lui a Ă©tĂ© confiĂ©. Et c’est lĂ  que Richard RATSIMANDRAVA a eu l’idĂ©e de fonder sa politique intĂ©rieure basĂ©e sur la doctrine du « fokonolona » dont il a pensĂ© comme seul cadre institutionnel Ă©conomique pour le dĂ©veloppement du pays.
Le 5 fĂ©vrier 1975, suite Ă  une crise politique irrĂ©solue, le GĂ©nĂ©ral RAMANANTSOA confie le pouvoir au Colonel Richard RATSIMANDRAVA. Du coup, il assurait Ă  la fois le rĂ´le de PrĂ©sident de la RĂ©publique, Premier Ministre et Ministre de la DĂ©fense Nationale et du Plan. Aussi, il pensa que c’est l’occasion d’appliquer ses principales politiques telles que:

  • dĂ©veloppement national par les « fokonolona »
  • dĂ©centralisation des pouvoirs
  • malgachisation de l’Ă©conomie

Colonel Richard RATSIMANDRAVA, son assassinat et les conséquences politiques
Le 11 fĂ©vrier 1975, le prĂ©sident RATSIMANDRAVA, fraĂ®chement nommĂ© fut assassinĂ©. Officiellement, il a Ă©tĂ© abattu par balles, au rond point d’Ambohijatovo aux alentours de 20 heures après avoir quittĂ© son bureau. « Officiellement » disais-je car selon un article que j’avais aussi lu (mais sans preuve), paraĂ®t-il que le colonel victime aurait Ă©tĂ© assasinĂ©, non pas au rond point mais dans son bureau, et a Ă©tĂ© ensuite conduit sur le site. En tout cas, malheureusement, malgrĂ© les enquĂŞtes effectuĂ©es il y dĂ©jĂ  des annĂ©es, celles-ci n’ont jamais abouties et la veritĂ© reste jusqu’Ă  ce jour mĂ©connue.
Par ailleurs les causes de l’assassinat du Colonel RATSIMANDRAVA Ă©taient supposĂ©es politiques. Cet assassinat conduisait Madagascar vers un nouveau tournant de l’histoire politique. En effet, quelques heures suivant le dĂ©cès de RATSIMANDRAVA, un directoire militaire dirigĂ© par le GĂ©nĂ©ral Gilles ANDRIAMAHAZO fut créé pour entamer une pĂ©riode de transition.
Le 13 fĂ©vrier 1975, les partis politiques furent suspendus, ce qui n’a pas calmĂ© les tensions dans le pays. Mais le lendemain, une reddition des mutineries a mis fin aux diffĂ©rents combats et un des prĂ©sumĂ©s responsables de troubles fut arrĂŞtĂ©s.
Le 15 juin 1975, après encore quelques problèmes politiques et sociales, le Directoire militaire dĂ©cide d’Ă©lire un membre qui sera le prochain dirigeant de la grande Ă®le. C’est ainsi que le Capitaine de frĂ©gate Didier RATSIRAKA Ă©tait devenu le nouveau PrĂ©sident de la RĂ©publique.

« Tsy miamboho adidy aho mon GĂ©nĂ©ral » (Mon GĂ©nĂ©ral, je ne tournerai pas le dos Ă  mes responsabilitĂ©s, en d’autres termes, je ferai face Ă  mes responsabilitĂ©s), telle est la fameuse phrase prononcĂ©e par le Colonel Richard RATSIMANDRAVA au moment oĂą le pouvoir lui a Ă©tĂ© confiĂ©. En ce temps de crise que nous vivons actuellement et qui dure dĂ©jĂ  depuis plus d’un an, existe-t-il encore de vrais personnalitĂ©s qui pourraient « vraiment » rĂ©pĂ©ter cette phrase.

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